Il était long ce livre. Toutes ces aventures ces péripéties … qui s’enchaînent à merveille. Toute cette vision du monde, toute ces réflexions, terriblement riches. Il lui en est arrivé des choses à Ferdinand, lui et son acolyte Robinson qu’il n’a eu de cesse de croiser aux quatre coin du globe. Il a vécu la guerre, jeune, savoir que sa vie ne vaut pas grand-chose, que l’honneur est une valeur surfaite. Puis il a été blessé de guerre, profitant des maigres avantages de son statut, trainassant ici et là. L’occasion d’avoir quelques maîtresse, que des officiers lui chipperont. Le voilà partie aux colonies, un nouveau monde ou tout est permis. Il déchantera bien vite, de la dureté de la vie, de la chaleur, des maladies, il tombera bien malade. Le voilà qui débarque aux Etats-Unis, encore et toujours des perspectives de faire fortune. Il ne s’y acclimatera jamais vraiment. Pourtant il en a fait des efforts, pour y rentrer, il était en quarantaine, ce n’était pas pour lui, il s’y est introduit en douce, il a vu New York, ses grattes ciel, il a travaillé chez Ford, amouraché d’une fille de petite vertu qui l’aimait grandement. Le mal du pays, il est retourné en France. A chaque étape, il aura croisé Robinson, aussi improbable que ce soit, à la guerre, aux colonies, dans le nouveau monde, il le suivait, voulait le suivre, lui qui saurait quoi faire, qui vivrait la grande vie. Voilà notre Ferdinand de retour dans son pays, en France. Il se remet à sa médecine, et la fini tout à fait, un médecin et un vrai. Il tente l’aventure de la clientèle, un commerce point lucratif, il vivote, végète, comme ses patients, il en perdra beaucoup des patients. Robinson vient le retrouver, avec des idées pas jolies en tête, le voilà adepte du crime, du petit crime, le crime crapuleux, l’assassinat de grand-mère, ça tourne au désastre il finit aveugle ou presque. On l’envoi à Toulouse. Ferdinand abandonne sa clientèle, pour se mettre au théâtre, il aura de grands intérêts pour les actrices et leurs faveurs, la grande vie. Ça ne durera pas, Ferdinand va visiter Robinson, lui et son amoureuse, dont il apprécie grandement les charmes. Puis de retour à Paris, il s’installe dans un asile, il y travaille, c’est l’un des médecins, qui a quelques privilèges avec les infirmières. Le patron leur abandonne son affaire, il est chef, patron, un petit bout de réussite en somme. Et puis Robinson revient. Ça tourne encore mal, son amoureuse le pourchasse. Elle finit par le tuer, Robinson, et c’est tout à fait mort qu’il finit. Tout à fait mort. C’est là que ça s’arrête … y a pas de morale à cette histoire, c’est une longue vie, pleine de péripétie, d’un homme qui s’y accroche à la vie, de ci de là, il fait son chemin, pas heureux, mais pas malheureux pour autant, il en a eu du bonheur, mais de la vacherie aussi. Le style de Céline … très haché, des virgules beaucoup, des phrases entrecoupées de virgule, des mots pas toujours très propres … de la franchise, de la vie, du réel.
Mots-clefs : Céline, Voyage au bout de la nuit